Le rôle de la mère dans l’éducation des enfants

Publié le 3 Fév, 2022

Article rédigé par Sophie Rabahi

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La femme a plusieurs rôles : fille, épouse, mère, etc. Mais son rôle essentiel se trouve dans l’éducation des enfants, qui sont les générations futures. Nous allons voir brièvement quelques exemples de femmes qui ont fait énormément de sacrifice pour que leurs enfants puissent s’instruire et devenir des hommes importants dans le domaine de la science. Telles que les mères des imams ash-Shafi’i, Malik, Ahmad, al Boukhari.

 

Définition du terme mère en langue arabe

 

 

En langue arabe, le terme أُ مٌّ (mère) vient de la racine ء م م qui signifie tendre vers, se diriger, donner l’exemple, marcher en tête, être préposé, être mère.

Le terme أُ مٌّ a donc pour sens la mère, le modèle. Car c’est elle qui éduque ses enfants, qui leur montre le chemin à suivre. (1)

 

L’importance de la mère

 

La mère est le socle de la vie

 

Etre mère c’est le rôle le plus fondamental dans la vie d’une femme. Car cela demande de faire des sacrifices, de se fatiguer pour éduquer ses enfants, d’être indulgente, attentionnée, généreuse envers ses enfants. De leur donner de la tendresse tout en leur montrant le chemin à suivre en leur imposant un cadre.

Le fait que le bébé tète sa maman les premiers temps de sa vie, cela n’est pas anodin. Allah (swt) a instauré ce mécanisme afin de créer un lien d’amour, d’affection, de sérénité entre la mère et l’enfant. Ce n’est pas simplement dans le but que l’enfant soit nourri.

La mère est le pilier central dans la vie de ses enfants. Ce que fait la maman, les enfants le feront aussi et inversement. C’est pour cela qu’elle doit inculquer à sa progéniture les valeurs de la vie, la religion, les bonnes manières. (2)

 

Un modèle pour ses enfants

 

La maman ne peut pas demander à son enfant une chose qu’elle ne fait pas elle-même. Par exemple, vous ne pouvez pas demander à votre enfant de lire le Coran si vous même vous ne le faites pas. Vous ne pouvez pas lui demander de ranger sa chambre si vous même vous ne prenez pas soin de votre maison. Les enfants reproduisent ce que font et disent les parents. Et surtout la mère, car c’est avec elle qu’ils passent la majorité de leur temps.

Etre mère est une grande responsabilité, car leur comportement va dépendre l’éducation qu’il aura eu. C’est pour cela qu’Allah (swt) a donné une place particulière à la maman. Comme le Prophète (saws) a dit “le paradis est sous les pieds des mères.” (3) La mère doit souhaiter le meilleur pour ses enfants, le pousser à aller loin dans ses études, dans ses projets, etc.

 

Exemples de mère ayant tout sacrifié pour leurs enfants

 

Aliya: la mère de l’imam Malik

 

Elle s’appelle Aliya bint Shurayk al Azdiya. L’imam Malik dit “ma mère m’habilla et me coiffa d’un turban alors que je n’étais qu’un jeune garçon puis elle me dit : rends toi aux assises de Rabi’a et apprends de son comportement avant d’apprendre son savoir.

Aliya choisit le savant Rabi’a pour une raison précise. Elle ne l’envoya pas chez n’importe quel savant. Car il était spécialisé dans le domaine du fiqh (droit musulman) et du hadith. (4) Puis elle l’orienta vers d’autres savants chez qui Malik a pu développer ses connaissances et devenir un des plus grands savants.

 

Enseignements

 

On voit que sa mère, Aliya, avait un minimum de science. Elle connaissait les savants et pouvait donc prendre en charge et suivre le parcours de son fils. C’est pour cela qu’il est très important que toute femme apprennent sa religion, connaisse les différents shouyoukhs, etc. Les enfants ne peuvent pas être envoyés dans des cours de Coran, de sciences islamique ou de langue arabe sans savoir quels sont les professeurs qui vont leur inculquer la religion. Il faut vérifier si la personne est diplômée.

 

Fatima : la mère de l’imam Shafi’i

 

Abou Abdoullah Mohammed ibn Idis ash-Shafi’i est né à Gaza, en Palestine. Mais à l’âge de deux ans son père meurt. Sa mère, Fatima, se retrouva seule pour l’éduquer. Néanmoins cela ne l’empêcha pas de vouloir pour son fils ce qu’il y a de meilleur. Elle souhaitait qu’il puisse apprendre sa religion auprès de grands savants. Elle prit donc la décision de s’installer à la Mecque. (5)

 

Elle gérait le parcours de son fils

 

Fatima était intelligente, elle connaissait énormément de choses concernant la religion. C’est elle qui gérait les études de son fils. Elle l’inscrit tout d’abord dans une école coranique où il clôtura son apprentissage du Coran à l’âge de 7 ans. Ensuite, elle l’orienta dans des cercles d’apprentissage de science. Puis elle lui dit d’aller à Médine afin d’acquérir les sciences du hadith auprès de l’imam Malik.

A 20 ans, ses enseignants lui ont donné l’autorisation d’émettre des fatwas. Mais il voulait apprendre davantage. Il se rendit donc au Yémen, en Egypte et à Bagdad afin d’être formé par d’autres savants. (6)

 

Elle sacrifia son argent pour son avenir

 

Malgré que Fatima soit dans la pauvreté et veuve, elle a mis tout en œuvre afin que son fils reçoive la meilleure éducation religieuse. Elle a fait des sacrifices. L’imam ash-Shafi’i dit qu’il écrivait sur des feuilles de palmier, des os d’animaux ou encore qu’il mémorisait simplement ce qu’il venait d’entendre. Car sa mère n’avait pas les moyens de lui acheter de quoi écrire. Sa mère est allée jusqu’à mettre en hypothèque la maison qu’elle possédait afin que son fils puisse voyager pour acquérir la science. (7)

 

Enseignements

 

De nos jours beaucoup de personnes n’inscrivent plus leurs enfants dans les cours de religion sous prétexte de ne pas avoir assez d’argent. Certains pensent qu’il n’est pas normal de payer les professeurs. Alors que recevoir de l’argent pour instruire la communauté n’est pas interdit en Islam. Les compagnons recevaient de l’argent du trésor public pour être rémunéré.

Surtout pour les professeurs qui consacrent leur temps uniquement à la transmission du savoir. Et surtout il ne faut pas oublier que lorsqu’on investit pour nous ou ses enfants dans des cours de religion, Allah (swt) nous facilite, Il met de la baraka dans notre argent. Il faut également apprendre à prioriser nos dépenses dans notre vie.

 

Safiya: la mère de l’imam Ahmad

 

L’enfance de l’imam Ahmad

 

L’imam Ahmad perdit son père peu après ou avant sa naissance. Il vécut à Bagdad avec sa mère Safiya ash-Shaybaniya. Elle éleva seule son fils et fit tous les sacrifices afin qu’il reçoive une éducation religieuse. Ahmad connaissait le Coran entièrement à l’âge de 7 ans. Elle avait remarqué que son fils écrivait de manière très belle alors elle l’inscrivit dans des cours de calligraphie. (8) Elle voulait le meilleur pour son fils et surtout développer ses compétences et le valoriser.

L’imam Ahmad dit en racontant son enfance “nous vivions à Bagdad, mon père était décédé et je vivais avec ma mère. Avant la prière de l’aube, elle me réveillait après avoir réchauffé l’eau, car il faisait froid afin que je m’ablutionne. J’avais alors une dizaine d’années. nous priions des prières surérogatoires jusqu’au retentissement de l’appel à la prière. Puis ma mère m’habillait et m’accompagnait à la mosquée. Elle m’attendait jusqu’à la fin de la prière car la mosquée était loin et les rues n’étaient pas éclairées.” (9) Elle a sacrifié de son argent et de son temps afin que son fils acquiert la science.

 

La gestion de l’apprentissage de son fils

 

Lorsqu’il eut 16 ans, et ayant appris chez de nombreux savants, elle lui dit “mon fils, voyage à la quête du hadith car ce voyage est équivalent à une émigration dans le sentier d’Allah.” Elle lui donna quelques provisions pour le voyage. Puis elle lui dit “certes Allah lorsqu’on Lui confie une chose, Il la protège. Je te confie donc à Allah dont les dépôts ne se perdent jamais.” Et il voyagea à Médine, la Mecque, au Yémen et à Bagdad. (10)

 

Enseignements

 

Sa mère lui a transmis l’amour du savoir. Elle l’a orienté vers les personnes qui étaient les plus aptes à le former. Safiya a pris en charge son éducation et l’a suivi tout au long de ses années d’apprentissage. Elle n’a pas hésité à l’attendre à la mosquée. Sans pour autant délaisser la gestion de son foyer.

 

La mère de l’imam al Boukhari

 

Le miracle d’Allah (swt)

 

L’imam al Boukhari, de son vrai nom Mohammed ibn Isma’il ibn Ibrahim ibn al Moughira est né en l’an 194 de l’Hégire. Juste après sa naissance, son père meurt. Sa mère se trouva seule pour prendre en charge l’éducation de ses deux fils et subvenir à leurs besoins. Muhammad était aveugle. Mais sa mère avait confiance en Allah (swt) et elle L’invoquait toutes les nuits afin qu’Il (swt) l’aide dans cette épreuve. Et un jour elle vit en rêve le Prophète Ibrahim (aws) qui lui dit “o toi ! Allah a rendu la vue à ton fils grâce à tes multiples invocations.” Puis elle se réveilla en sursaut, l’appel à la prière commençait. en allant réveiller ses fils, elle remarqua que Mohammed était en train de faire seul ses ablutions.
Il avait retrouvé la vue. Elle tomba en prosternation et se mit à pleurer en signe de remerciement envers Allah (swt). (11)

 

Le remerciement envers Allah (swt)

 

Elle voulait faire de ce miracle une utilité pour la communauté musulmane. Elle souhaitait que son fils devienne un grand savant. Elle le mit dans une école de Coran et il acheva sa mémorisation à l’âge de 10 ans. Puis il développa ses connaissances religieuses auprès de savants réputés de Boukhara. Il aimait beaucoup les sciences du hadith.

Sa mère accomplit avec ses fils le pèlerinage à la Mecque. Mohammed avait 16 ans. Il décida de rester à la Mecque afin de continuer son apprentissage des sciences religieuses. Puis il partit en Syrie, en Egypte, en Iraq où il apprit auprès de nombreux savants. (12)

Nous voyons à travers ce récit succinct, que la mère de l’imam al Boukhari était très pieuse, très reconnaissante envers Allah (swt). au point de mettre son fils au service de la communauté.

 

Ces exemples de femmes nous montrent à quel point il est important d’investir de son temps, de son argent dans l’avenir de ses enfants. Et pourtant elles étaient veuves. Elles ont fait passer leurs enfants en priorité, voulant le meilleur pour chacun d’entre eux. Et le fait d’être veuve et dans la pauvreté ne les a pas découragé. Elles avaient conscience que leurs enfants étaient un dépôt qu’Allah (swt) leur a confié. Qu’elles seront jugées sur la manière dont elles ont élevé leurs progénitures.

Cela nous amène à nous poser de nombreuses questions. Est ce que je sacrifie du temps, de l’argent pour mes enfants ? Est ce que je les motive à avancer dans la religion ? Est ce que je lui montre le bon exemple ? Je ne dis pas que tous les enfants deviendront des savants mais vouloir le meilleur pour eux est important. Tout faire pour qu’ils restent dans le droit chemin. 

 

Références:
1) Gloton, Maurice, une approche du Coran par la grammaire et le lexique, éditions al Bouraq, Beyrouth, Liban, 2002, 1ère édition, page 251
2) Akif, Mahmud, La femme dans les grandes civilisations et perspectives musulmanes, traduit par M.C Belamine, édition Essalam, 2006, 1ère édition, page 188
3) Ibid, page 189
4) Rajhi, Jihene Aissaoui, Femmes savantes de l’islam, édition Sana, Paris, France, 2021, 1ère édition, page 173-174
5) Ibid page 169
6) Ibid,page 170
7) Ibid, pages 170-171
8) Ibid, page 175
9) Ibid, pages 175-176
10) Ibid, page 176
11) Ibid, page 179
12) Ibid, page 180

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